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Née le 25/10/1984 à Casablanca
“Les films de Salma Cheddadi sont des voyages, des départs et des arrivées, des traversées de territoires auxquels elle ne semble liée que par le présent du tournage. Elle n’y est que de passage, tout comme l’est le corps qu’elle y place et y observe. Car il y a un corps dans ses films, un «modèle» dit-elle, au sens bressonien: c’est un corps féminin, qu’elle filme sans détour. S’y investissent désirs, frustrations, provocations aussi. Ce corps n’est pas vraiment le sujet du film, il permet un passage vers le territoire et le rend sensible. Diplômée de l’École nationale des beaux-Arts de Cergy, Salma Cheddadi se déplace avec ses modèles, avec qui elle noue des relations fortes qui surgissent à chaque plan.” "Le travail de Salma Cheddadi est traversé par des recherches sur le désir qu’elle polarise autour de ses « modèles », toujours féminins. C’est avec une attention singulière, dans chacune de ses œuvres, qu’elle gravite autour de son personnage : il est vecteur des fantasmes que présuppose l’image de la femme, objet d'envie mais aussi de subversion et d'idéal. Par delà toutes dimensions psychologiques et sociales, laissées au bon soin du spectateur, l'artiste filme son modèle sans détour. Il est son objet, son sujet, sa matière et sa manière de procéder. Car, en effet, chaque projet de l'artiste est un procédé issu de la rencontre entre elle-même et son héroïne. Dans les œuvres de Cheddadi, le corps est en premier lieu, avant tout et surtout. Elle laisse ainsi le champ libre à l’expression de toute sa présence pour qu’il se donne tout entier. Alors, jaillit de ces films quelque chose au delà de la relation entre le filmeur et son sujet : l'évocation de la présence immédiate de chacune des deux entités, de part et d’autre de la caméra, réaffirme notre propre conscience au monde. L’objet est d’abord ce que l’on voit, réengageant, par ailleurs, le spectateur dans la subjectivité de sa vision et le sens qu'il donnera à l'image offerte. C’est afin de mieux laisser place à la puissance de ces présences qu’elle filme des territoires qui lui sont inconnus, des lieux désinvestis de toute attache, de tout passé. Les films sont des rencontres à la fois humaines et géographiques. Ainsi, elle est allée chercher des espaces scéniques inédits, là où elle n’avait aucune emprise : en filmant l’Islande, la Thaïlande, San Francisco ou Berlin, l'artiste se confronte de manière directe à ses sujets humains et urbains afin qu’ils laissent au film leur empreinte." « Mes films ne s’inscrivent pas dans une linéarité narrative. Ils sont investis d’une mission de réarrangement de l’architecture classique du film : sa charpente est un récit ponctué d’ellipses, de superpositions de sens, de décalages et d’échos.
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